Pro Musica
Ensemble choral Sainte-Foy-La-Grande

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Œuvres chantées en 2013 : contexte biblique et traduction

mardi 18 juin 2013, par Sylvie

Voici les œuvres chantées par les choristes de Pro-Musica en 2013 .
Paulus et Elias (Mendelssohn), La Création (Haydn), Requiem allemand et Schicksalslied (Brahms) : contexte biblique et traduction de l’allemand

Paulus (Paul ou Saül) - Félix Mendelssohn (1809-1847)
C’est une chorale de Francfort, le "Cäcilienverein", qui a commandé à Mendelssohn son premier oratorio, Paulus, qui devait être suivi par deux autres, Elias et Christus, lequel ne fut malheureusement jamais terminé.
La forme d’oratorio était essentielle pour le compositeur qui avait ressuscité la "Passion selon St Matthieu" de Bach, restée jusque là une partition strictement liturgique.
Le choix du personnage de Paul (Saül dans la Bible) a aussi une raison très personnelle pour Mendelssohn : de son vrai nom "Paul de Tarse", Paul avait été un docteur de la Loi juive comme le grand père de Félix, Moses, et, comme l’Apôtre, les Mendelssohn s’étaient convertis au christianisme jusqu’à devenir propagateurs de la foi ! Le père de Félix, Abraham, qui n’était nullement musicien, avait été de tous temps passionné par le personnage de Paul et avait fortement insisté pour que son fils écrive un oratorio à son sujet. L’œuvre remporta un triomphe aussi bien en Allemagne qu’en Angleterre, Mendelssohn ayant fait une adaptation anglaise du livret allemand… Schumann en fit une critique enthousiaste !
Cet oratorio devait pourtant presque tomber dans l’oubli et même souffrir de critiques sévères : on reprochait à Mendelssohn de mélanger les styles, d’imiter Bach et Haendel, etc.
Evidemment au milieu du XXème siècle, les interprétations des musiciens des XVIIème et XVIIIème siècles n’ayant pas encore été dépoussiérées par ceux que l’on devait appeler plus tard les "baroqueux", on jouait et chantait Bach et Haendel romantiquement comme du Mendelssohn et vice versa… d’où une confusion des genres qui heureusement, n’a plus cours actuellement.
L’argument de Paulus, autour de l’histoire connue de "la conversion de Paul sur le chemin de Damas", est déjà la lutte entre partisans du Dieu unique – les chrétiens – et les païens, adorateurs des dieux multiples… On retrouvera ce thème développé dans Elias. Mais Paul va accomplir un miracle auprès d’un paralytique, ce que voyant, les païens en déduisent que les dieux sont devenus semblables aux hommes et sont descendus sur terre ! Les païens se prosternent donc devant Saül et son ami Barnabé et c’est le chœur n° 34 :
"Seid uns gnädig, hohe Götter, seht herab auf unser Opfer" : "Soyez nous favorables, dieux altiers, jetez un regard sur notre sacrifice"
Paul et Barnabé auront beaucoup de mal à faire admettre à la foule qu’ils sont de simples humains et qu’il n’y a qu’un seul Dieu… Ils seront lapidés pour avoir tenté de rétablir la vérité…

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Félix Mendelssohn
Photo de "lamusiqueclassique.com"

Elias (Elie le prophète) - Félix Mendelssohn
Comme Paulus, Elias est un oratorio (opéra sacré, a priori destiné à être chanté dans les églises ou les temples).
Mendelssohn venait de terminer Paulus. A cette époque, le public était friand de grandes fresques musicales écrites à partir de textes bibliques. Mendelssohn était enthousiasmé par le langage imagé de l’Ancien Testament et c’est le Livre des Rois qui va inspirer Elias, personnage dont il dit :
"Au fond, je me suis représenté Elie comme un prophète bien véritable, comme il nous en faudrait un de nos jours, plein de ferveur et de force, volontiers irrité, en colère et sévère, opposé au ramassis de courtisans et de canailles et comme soutenu par des ailes d’ange". Mais les miracles d’Elie relatés dans le Livre des Rois ne constituent pas une biographie et se prêtent difficilement à structurer un oratorio ! C’est donc le côté scénique qui est mis en avant… Le XIXème siècle sera riche en compositions dénommées justement "scènes" (Schumann, Wagner, Bruch etc).
L’argument de Elias tient en peu de mots : il s’agit de la sécheresse qui dure depuis plusieurs années et amène disette et malheur. C’est une joute entre, d’un côté Elie qui invoque Dieu et le supplie d’envoyer enfin la pluie, et en face, les adorateurs de Baal qui implorent leurs dieux pour la même raison. Suit tout un développement de scènes toutes plus lyriques les unes que les autres. L’accent émotionnel frôle parfois les limites de la sensiblerie, ce qui mettra Mendelssohn lui-même en colère à l’égard d’une soprane qui "en faisait trop".
L’ombre de Haendel n’est pas loin au long de ces pages et l’enfant qui, à plusieurs reprises, scrute le ciel en vain pour déceler le premier petit nuage ("Non, je ne vois rien") n’est pas sans évoquer le célèbre "Anne, ma sœur Anne, ne vois tu rien venir ?"
Le très bref chœur n° 29 est une affirmation de la certitude d’Elie, même (et surtout !) en l’absence de signes visibles. Le texte dit :
"Siehe, der Hütter Israëls schläft noch schlummert nicht. Wenn du mitten in Angst wandelst, so erquikt er dich" : "Vois, le berger d’Israël ne sommeille ni ne dort". Même si tu es saisi par l’angoisse, il te ranimera".

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"Le sacrifice d’Élie et le sacrifice des prêtres de Baal"
Verrière du XVIIème siècle, église St-Etienne-du-Mont, Paris

La Création - Joseph Haydn (1732-1809)
C’est l’histoire de la Création du monde telle qu’elle est racontée dans le premier Livre de la Bible : la Genèse. Au cours des 4 premiers jours, ont été créés :
- la lumière
- les corps célestes (soleil, lune et étoiles)
- les terres qui on été séparées des mers
- la vie végétale
Le chœur n° 13 conclut le 4ème jour en Ut majeur : tonalité claire et sereine. Il termine la première partie de l’œuvre :
"Die Himmel erzälhen die Ehre Gottes und seiner Händewerk, zeigt an das Firmament" : "Les cieux racontent la gloire de Dieu. Et le firmament témoigne de l’œuvre de ses mains".
"Dem kommenden Tage sagt es der Tag. Die Nacht, die verschwand, der folgenden Nacht. In aller Welt ergeht das Wort. Jedem Ohre klingend Keiner Zunge fremd" : "Le jour qui vient le dit au jour passé. La nuit qui disparaît le raconte à la nuit qui suit. Le verbe se répand de par le monde. Sonne à chaque oreille, sort de chaque bouche".
Les 5ème et 6ème jours seront consacrés à la création du vivant, animal et humain…
Le chœur n° 29 conclut le 6ème jour en Majeur bien sûr (Si b). Il termine la 2ème partie de l’œuvre.
"Vollendet ist das große Werk. Des Herren Lob sei unser Lied. Alles lobe seinen Namen. Denn er allein ist hoch erhaben" : "La grande œuvre est achevée. Que notre chant soit la louange de Dieu. Que tous célèbrent ton nom. Car lui seul est grand. Alléluia !

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Joseph Haydn
Photo de "classical.net"

"Ein Deutsches Requiem" : un Requiem Allemand - Johannes Brahms (1833-1897)
Ce Requiem n’est pas une œuvre liturgique mais plutôt une méditation sur la mort : ces textes ne sont pas des prières pour les morts, ils se tournent davantage vers les vivants éplorés qui essaient de trouver un sens à leur propre condition de mortels.
C’est à la suite de deuils dans sa famille (Brahms perd sa mère à laquelle il était très attaché) qu’il entreprend l’écriture de ce Requiem qui devient pour lui un moyen de cicatriser des blessures émotionnelles profondes.
Une première "exécution" au sens propre du terme fut donnée, émaillée de nombreuses maladresses dont l’intervention d’un timbalier trop zélé qui, dans le 3ème mouvement, joua de son instrument d’un bout à l’autre dans un fortissimo retentissant ! Heureusement, la suite fut un grand succès.
Le chœur n° 4 est empreint d’une atmosphère contemplative :
"Wie lieblich sind deine Wohnungen, Herr Zabaoth ! Meine Seele verlanget und sehnet sich. Nach den Vorhöfen des Herrn" : "Que tes demeures sont aimables, Dieu des armées ! Mon âme languissante se consume et soupire après les parvis du Seigneur."

Schicksalslied (Chant du Destin) - Johannes Brahms
Voici pour le plaisir une traduction plus poétique et surtout plus fidèle au texte allemand mais qui n’est pas celle qui a été faite pour chanter :
"Vous évoluez, là haut, dans la lumière
Sur un moelleux parterre, bienheureux esprits !
De scintillantes brises divines vous effleurent délicatement
Comme les doigts de l’artiste les cordes sacrées.
Protégés du destin, comme le nourrisson endormi,
Respirent les êtres célestes,
Gardé pur en discret bourgeon,
Fleurit éternellement pour eux l’esprit.
Et les yeux bienheureux
Ont le regard calme et éternelle lumière.
Quant à nous, il nous échoit de ne trouver de repos en aucun lieu.
Ils dépérissent, ils tombent – les hommes souffrants,
Aveuglément d’une heure vers l’autre,
Comme l’eau de rocher en rocher jetée
A longueur d’années (précipités) au fond de l’incertain."

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Johannes Brahms
Photo de "radiofrance.fr"

Whilst waiting for the translation of the very interesting article produced by Sylvie giving us the background of the pieces you are going to sing, I suggest you take a look at Wikipedia, if you haven’t done so already, & read up on Mendelssohn’s St Paul & Elijah, Haydyn’s Creation & also Brahms’ Song of Destiny. (Elaine)

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