Pro Musica
Ensemble choral Sainte-Foy-La-Grande

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Théodore Dubois et Georges Bizet - Traduction des "Sept dernières paroles du Christ" et du "Te Deum"

lundi 29 juillet 2013, par Hélène

Deux compositeurs ayant deux points communs : l’époque de naissance et le Grand Prix de Rome... Le stage de chant de l’été 2013 les réunit pour une semaine inoubliable à Ste-Foy-la-Grande.

@diem a édité les partitions de Dubois (les 7 paroles du Christ) pour le stage de 2013 de Pro Musica.

Théodore Dubois (1837-1924) est né à Rosnay, à quelques km de Reims, dans une famille simple n’ayant rien à voir avec la musique. Le jeune Théodore est ébloui par la musique de l’orgue dans la cathédrale de Reims. Il est initié à l’orgue par l’organiste de son village, puis n’hésite pas à se rendre à pied à Reims pour des cours d’orgue. Théodore progresse jusqu’à se rendre au Conservatoire à Paris, à l’âge de 17 ans. Grâce à un poste d’organiste-accompagnateur à Ste-Clotilde, il devient indépendant financièrement à l’âge de 20 ans. En 1861, il obtient le premier Grand Prix de Rome avec la cantate Atala. Le prestige ! Deux ans à la Villa Médicis à Rome. T. Dubois commence sa carrière de compositeur avec son poste de Maître de Chapelle à Ste-Clotilde. Les Sept Dernières Paroles du Christ en Croix (1864) lui ouvre le succès qu’il connaîtra toute sa vie avec une œuvre musicale nombreuse et variée. Toutefois, après sa mort en 1924, ses détracteurs le firent tomber dans l’oubli... Source theodoredubois.com

Théodore Dubois
Photo theodoredubois.com

Georges Bizet (1838-1875) est né à Paris. Son père donnait des cours de chant ; sa mère était pianiste et lui a donné une première formation musicale. À 9 ans, il entre au Conservatoire de Paris et obtient un 1er prix de piano à 14 ans. Il étudie l’orgue puis entre dans la classe de composition de Jacques Fromental Halévy (son futur beau-père). Il obtient des prix et commence à composer. A 19 ans, il remporte avec Clovis et Clotilde le Grand Prix de Rome de composition musicale. La récompense est prestigieuse : 3 années d’étude à la Villa Médicis à Rome ! Le jeune Bizet y renaît en découvrant la liberté et l’affranchissement de sa famille.
En 1875, l’Opéra-Comique lui commande une pièce "facile et gaie" et il compose Carmen. Beaucoup de travail et de nombreux obstacles pour cette œuvre : les chanteurs devaient évoluer et "jouer" sur scène mais c’était un genre nouveau, les musiciens trouvent la pièce trop difficile et le directeur n’apprécie pas le texte et sa morale... La première de Carmen est un désastre à cause des musiciens et des changements interminables de décors...
G. Bizet reçoit tant de critiques qu’il se réfugie dans sa maison de Bougival en bord de Seine. Il a la mauvaise idée de se baigner dans l’eau froide du fleuve et, suite immédiate d’une crise aigüe de rhumatismes, il meurt avant d’avoir connu le succès tant attendu. La gloire arriva quelques jours après sa mort quand Brahms, Wagner et d’autres s’enthousiasmèrent pour Carmen qui, au XXIe siècle est l’opéra le plus connu au monde.
Source : lesamisdebizet.com

Georges Bizet
Photo Wikipédia
Les Sept dernières Paroles du Christ en CroixParoles latinesTraduction française
Introduction O vos omnes qui transitis per viam, attendite, et videte si est dolor sicut dolor meus. Posuit me Dominus desolatam, totâ die moerore confectam ; ne vocetis me Noemi, sed vocate me Mara. Ô, vous tous qui passez par le chemin, regardez et voyez s’il est une douleur pareille à ma douleur. Le Seigneur me jette dans la désolation, tout le jour je languis, ne m’appelez plus Noémi (Ma Gracieuse), mais appelez-moi Mara (Amère).
1 Pater, dimitte illis, non enim sciunt, quid faciunt. Et dicebant omnes : Reus est mortis ; tolle, tolle, crucifige eum. Sanguis ejus super nos et super filios nostros ! Crucifixerunt Jesum et latrones, unum a dextris et alterum a sinistris Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font. Et tous proclamèrent : Il mérite la mort. Prends-le, crucifie-le ! Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants ! Ils crucifièrent Jésus et deux brigands, l’un à sa droite et l’autre à sa gauche.
2 Hodie mecum eris in paradiso, amen, amen, dico tibi. Domine, memento meî, cum veneris in regnum tuum. Je te le dis, en vérité, aujourd’hui même tu seras avec moi au paradis. Seigneur, souviens-toi de moi, quand tu viendras dans ton royaume.
3 Mulier, ecce filius tuus, Stabat Mater dolorosa, juxta Crucem lacrymosa, Dum pendebat Filius. Qui est homo, qui non fleret, Christi matrem si videret in tanto supplicio ? Femme, voici ton fils. Debout, la mère des douleurs se dresse près de la croix, le visage en pleurs, devant son fils suspendu. Qui donc, sans verser des pleurs, verrait la Mère du Christ dans un si cruel tourment ?
4 Deus meus, ut quid dereliquisti me ? Omnes amici mei dereliquerunt me ; praevaluerunt insidiantes mihi ; tradidit me quem diligebam. Vinea mea electa, ego te plantavi ; quomodo conversa es in amaratudine ut me crucifigeres ? Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? Tous mes amis m’ont abandonné et mes ennemis aux aguets ont triomphé ; j’ai été trahi par celui que je chérissais. Ô ma vigne que j’avais choisie et plantée, comment as-tu pu me devenir amère et cruelle jusqu’à me crucifier ?
5 Sitio ! Judaei praetereuntes blasphemabant eum, moventes capita sua et dicentes : Vah ! Qui destruis templum Dei, si tu es Christus, Filius Dei, descende de nune de cruce, ut videamus et credamus tibi. Si tu es Rex Judeorum, salvum te fac. J’ai soif ! Les juifs qui passaient l’injuriaient et secouaient la tête en disant : Hé ! Toi qui détruis le temple de Dieu, si tu es le Christ, le Fils de Dieu, descends de la croix afin que nous voyions et que nous croyions en toi. Si tu es le roi des juifs, sauve-toi toi-même !
6 Pater, in manus tuas commendo spiritum meum. Pater meus es tu, Deus meus, susceptor salutis mea. Père, entre tes mains, je remets mon esprit. Tu es mon Père, mon Dieu, le rocher de mon salut.
7 Et clamans Jesu voce magna dixit : Consummatum est ! Et inclinato capite, tradidit spiritum. Erat autem fere hora sexta ; obscuratus est sol, et tenebrae factae sunt in universam terram ; velum templi scissum est ; omnis terra tremuit ; petrae scissae et monumenta aperta sunt. Et Jésus s’écria d’une voix forte : Tout est accompli ! Et, baissant la tête, il rendit l’esprit. Il était déjà environ la sixième heure. Le soleil s’obscurcit et il y eut des ténèbres sur toute la terre. Le voile du temple se déchira, la terre trembla, les rochers se fendirent, les sépulcres s’ouvrirent.
Prière Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi, quia per sanctam Crucem tuam redimisti mundum. Nous t’adorons et te bénissons, Ô Christ, car par ta sainte Croix, tu as sauvé le monde.
Tantum ergo Tantum ergo Sacramentum Veneremur cernui : et antiquum documentum novo cedat ritui : praestet fides supplementum sensuum defectui. Un tel Sacrement vénérons-le donc, courbés, et que l’ancien modèle s’incline devant le nouveau rite. Que la foi procure un supplément à la défaillance des sens.
Genitori, Genitoque Laus et Jubilatio, Salus, honor, virtus quoque Sit et benedictio :
Procedenti ab utroque Compar sit laudatio. Amen
Que Celui qui engendre et Celui qui est engendré reçoivent louange et chants joyeux, salut, honneur, et puissance également, ainsi que la bénédiction. Que Celui qui procède de l’un et l’autre reçoive pareil éloge. Amen.
Ô salutaris Hostia Ô salutaris Hostia quae cœli pandis ostium. Bella premunt hostilia ; da robur, fer auxilium. Ô réconfortante Hostie, qui nous ouvre les portes du ciel, les armées ennemies nous poursuivent, donne-nous la force, porte-nous secours.
Te Deum Te Deum laudamus, te Dominum confitemur. Te aeternum Patrem, omnis terra veneratur. Nous te louons, Dieu, nous t’acclamons, Seigneur. Père éternel, toute la Terre te vénère.
Tibi omnes angeli, tibi caeli et universae potestates, tibi cherubim et seraphim, incessabili voce proclamant : C’est pour toi que tous les anges, les cieux, toutes les puissances, les chérubins et les séraphins chantent inlassablement :
Sanctus, Sanctus, Sanctus Dominus Deus Sabaoth. Pleni sunt caeli et terra
majestatis gloriae tuae.
Saint, Saint, Saint, Dieu, Seigneur de l’univers ; le ciel et la terre sont remplis de la gloire de ta majesté.
Te gloriosus Apostolorum chorus, te prophetarum laudabilis numerus, te martyrum candidatus laudat exercitus. C’est toi que les Apôtres glorifient, toi que proclament les prophètes, toi dont témoignent les martyrs.
Te per orbem terrarum sancta confitetur Ecclesia, Patrem immensae maiestatis ; venerandum tuum verum et unicum Filium ; Sanctum quoque Paraclitum Spiritum. C’est toi que par le monde entier l’Église annonce et reconnaît ; nous t’adorons, Père infiniment saint, ton Fils unique et bien-aimé et aussi le Saint Esprit.
Tu rex gloriae, Christe. Tu Patris sempiternus es Filius. Tu ad liberandum suscepturus hominem, non horruisti Virginis uterum. Toi, Christ, tu es Seigneur de la gloire, tu es le Fils de Dieu, Toi, pour libérer l’humanité captive, tu n’as pas craint le corps d’une vierge.
Tu, devicto mortis aculeo, aperuisti credentibus regna caelorum. Tu ad dexteram Dei sedes, in gloria Patris. Par ta victoire sur la mort, tu as ouvert à tout croyant le Royaume des Cieux ; tu sièges à la droite de Dieu dans la gloire du Père.
Judex crederis esse venturus. Te ergo quaesumus, famulis tuis subveni, quos pretioso sanguine redemisti. Aeterna fac cum sanctis tuis in gloria numerari. Nous croyons que tu viendras en juge. Aussi, défends tes serviteurs,sauvés par ton sang : prends-les avec tous les saints pour jouir avec eux de la gloire éternelle.
Salvum fac populum tuum verum et benedic hereditati tuae. Sauve ton peuple, Seigneur et bénis ceux qui ont recueilli ton héritage.
Per singulos dies benedicimus te ; et laudamus nomen tuum in saeculum et in saeculum saeculi. Chaque jour nous te bénissons ; nous louons ton nom pour toujours et pour les siècles des siècles.
Miserere nostri, Domine, miserere nostri. Prends pitié de nous, Seigneur,
prends pitié de nous.
Fiat misericordia tua, Domine, super nos, quemadmodum speravimus in te.
In te, Domine, speravi : non confundar in aeternum.
Que ta miséricorde, Seigneur, soit sur nous, ainsi que nous l’espérons. C’est en toi, Seigneur, que j’ai espéré.
Que je ne sois jamais confondu.

Voir ici le déroulement du stage 2013
Voir ici le concert de fin de stage 2013 à Gensac

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