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Traduction ou paroles des chants du Concert de l’Avent 2015 (Ste-Foy et Ste-Florence en Gironde)

mercredi 9 décembre 2015, par Hélène

Paroles et traduction des chants du Concert de l’Avent 2016 offert par ProMusica à Ste-Foy-la-Grande et à Ste-Florence, en Gironde. Pour bien chanter, il est bon de connaître le sens des paroles !

Traduction par Liz et Jeanne (anglais), Marie-Claire (latin) et Sylvie (allemand et commentaires). Merci à elles !

Blow, blow, thou winter wind
Ô toi, vent d’hiver, souffle, souffle, tu ne seras jamais aussi cruel que l’ingratitude de l’homme. Certes, même si on ne te voit pas et bien que ton souffle soit puissant, tes
dents ne seront jamais aussi aiguisées que les siennes.
Heigh ho ! Nous pouvons bien chanter jusqu’à ce que le houx verdisse : la plupart des amitiés sont fausses et la plupart des amours sont tout simplement de la folie.
Heigh ho ! La vie ici- bas est vraiment rude.
Et toi, ciel glacial, gèle, gèle. Ta morsure ne sera jamais aussi douloureuse que le souvenir du bonheur perdu ! Même si tu peux figer l’eau, ta piqûre ne sera jamais aussi glaçante qu’une amitié oubliée.
Heigh ho ! La vie ici-bas est vraiment rude.

John RUTTER est un compositeur et chef de chœur né à Londres en 1945. Il n’a donc aujourd’hui que 70 ans (NDLR autant dire qu’il est encore très jeune !). Il compose (on connaît surtout son Requiem ou son Magnificat) mais il aime aussi beaucoup "arranger" des œuvres de divers styles. D’une manière très anglaise, ses œuvres mêlent une inspiration classique et une autre proche de ce qu’on peut entendre à … Broadway. Blow blow, thou winter wind est extrait d’un poème de William Shakespeare : "Do as you like it !" : "Faites comme bon vous semble".
Pas de rapport direct avec Noël mais nous sommes tout de même au cœur de l’hiver…

Adam lay ybounden
Adam s’est trouvé allongé et ligoté, il pensait que 4000 hivers ne seraient pas longs. Et tout ça, pour une seule pomme qu’il avait mangée. Comme il était écrit dans le livre des scribes. Mais s’il n’avait pas fait ça, Ève, sa femme, n’aurait jamais pu devenir la reine des Cieux. Béni soit donc l’instant où cette pomme a été mangée.
Et c’est pourquoi nous devons chanter "Deo Gracias !"

Œuvre un peu énigmatique, destinée à la période de Noël, ce texte, très ancien est anonyme, écrit dans un vieil anglais datant de la période située entre le XIIe et XVIe siècle. Le compositeur, organiste et chef d’orchestre Boris Ord (dont le nom semble être un pseudonyme) vécut en Angleterre de 1897 à 1961. Il mit ces paroles en musique en 1957. Ce petit "Noël" fut pendant des années inscrit de façon pratiquement obligatoire au Festival annuel des Noëls du "Kings College de Cambridge" qui possédait (et possède toujours) l’un des meilleurs chœurs d’enfants du monde.

Es ist ein Ros entsprungen
Une rose a jailli d’une fragile racine
Comme les anciens nous le chantaient,
Comme Esaïe l’avait prédit,
Et a donné une petite fleur
Juste à minuit au milieu de l’hiver froid.
La petite rose dont je parle et dont parle Esaïe,
C’est Marie toute seule qui l’a amenée.
Marie, la pure servante, ainsi que l’a voulu le Dieu éternel
A donné naissance à un enfant par qui nous sommes sanctifiés.

Ce chant est très connu en France sous le nom de "Dans une étable obscure". C’est un Noël traditionnel allemand qui date du XVIe siècle et fut arrangé par Mickaël PREAETORIUS (1571-1621) en 1609. Les paroles françaises ne correspondent pas à la traduction du texte allemand et ont été écrites par un dénommé Augustin Mahot en 1621. Ce chant n’a peut-être pas fait tout le tour de la planète mais il existe cependant en anglais, danois, suédois, norvégien et néerlandais.

A boy was born
Un enfant est né à Bethléem ; réjouis- toi, Jérusalem ! Alleluia.
Il s’est laissé asservir pour libérer l’humanité entière : Alleluia.
Alors chantons le Verbe de Dieu qui s’est incarné en l’homme : Alleluia.

Benjamin BRITTEN qui vécut de 1913 à 1976 est probablement le compositeur britannique le plus important du XXe siècle. "A boy was born" (Un enfant est né) date de 1932. B. Britten est alors un jeune étudiant de 19 ans au Collège Royal de Musique. Il va utiliser ce thème de Noël (qui est d’un anonyme du XVIe siècle) peut-être avec le désir secret de prouver au monde musical d’alors la modernité dont il est capable.... Il est vrai que dans cette musique, on ne sait jamais exactement dans quelle tonalité on se trouve... Dans un geste d’amour filial, il dédicace ce Noël à son père.

Jacotin
Jacotin, fredonnons un Noël plaisant et chantons tous quatre d’un seul mouvement
1) La voix aiguë, Margot nous la dira. Et le ténor, le petit Pérotin. La haute-contre, mon compère Jeannot. Pour le bourdon, je bourdonnerai bien.
2) Dieu créateur pour nous donner appui fit ordonnance pour nous autres chrétiens de nous envoyer pour tous un grand pardon que nous a apporté son fils béni
3) Un ange a fait du ciel un saut ici et l’on chanta en français et latin
Gloir’ soit à Dieu sur la terre et dans les cieux pour la venue du si gentil Jésus.
4) Que fîmes-nous quand nous l’eûmes entendu ? Nous nous mîmes aussitôt en chemin et fûmes là trois sots et puis un boiteux tandis qu’il était plus nuit que matin.
5) Prions le donc que du serpent cornu il nous défende nous et nos voisins et quand viendra le suprême sanglot, comme il est bon, qu’il veuille dire "viens".

Jacotin est un Noël traditionnel de Savoie, harmonisé ici par Pierre Maillard-Verger.
Guidés par Jacotin, les personnages de ce chant de Noël se répartissent les rôles pour "accorder leur voix" dans un vocabulaire ancien et populaire : la voix d’en haut, le ténor, le haute-contre et le bourdon.

La marche des Rois (extrait de l’Arlésienne)
1) De bon matin, j’ai rencontré le train de trois grands rois qui allaient en voyage,
de bon matin, j’ai rencontré le train de trois grands rois dessus le grand chemin.
Venaient d’abord les gardes du corps, des gens armés avec trente petits pages,
venaient d’abord les gardes du corps, des gens armés dessus leur juste au corps.
2) Puis, sur un char, parmi les étendards venaient trois rois modestes comme d’anges, puis, sur un char, parmi les étendards, c’est Melchior, Balthazar et Gaspard.
L’étoile luit qui les rois conduit par longs chemins devant une pauvre étable, l’étoile luit qui les rois conduit par longs chemins devant l’humble réduit.
3) Au fils de Dieu qui est né en ces lieux, ils viennent tous présenter leurs hommages,
au fils de Dieu qui est né en ces lieux, ils viennent tous présenter leurs doux vœux.
Or, myrrhe, encens sont les beaux présents qu’ils ont portés à cet enfant adorable, or, myrrhe, encens sont les beaux présents qu’ils ont portés à ce divin enfant.

Georges BIZET est un compositeur français extrêmement connu : Carmen est l’une des œuvres les plus jouées dans le monde entier. Quant à la fameuse Arlésienne, on sait bien que plus on en parle, moins on la voit ! Cette musique de scène est écrite sur un texte d’Alphonse Daudet. Le thème de "La marche des Rois" reprend en fait "La marche de Turenne" attribuée à Jean-Baptiste Lully et directement inspirée du folklore traditionnel provençal. Notons qu’ici, Bizet s’amuse à reprendre ce thème sous la forme d’un canon décalé !

Adeste Fideles  
1) Approchez fidèles, heureux et triomphants, venez à Bethléem, voir le Roi des anges. Venez adorons ensemble le Seigneur.
2) Voici, ayant abandonné leur troupeau, à l’appel qu’ils ont entendu, les bergers accourent vers le berceau et nous aussi, hâtons-nous d’un pas triomphant. Venez adorons ensemble le Seigneur.
3) Nous verrons la splendeur éternelle du Père, cachée sous le voile de la chair, nous verrons l’Enfant Dieu enveloppé de langes. Venez adorons ensemble le Seigneur.
4) Lui qui s’est fait pauvre pour nous et qui est étendu dans la paille, réchauffons-le de nos caresses ferventes. Celui qui nous aime à ce point, qui ne l’aimerait à son tour ? Venez adorons ensemble le Seigneur.

Cet hymne traditionnel latin est chanté pendant la période de Noël. Une adaptation protestante en a fait "Ô peuple fidèle". Mais ce n’est pas tout : ce chant est attribué à un certain nombre d’auteurs, par exemple, au Roi Jean IV du Portugal qui l’aurait composé vers 1640, à moins que ce ne soit le britannique John Wade (1711-1786) ou encore, l’allemand Christoph Willibald Gluck (1714-1787)…

The Three Kings  
Soliste : Trois rois de la Perse lointaine suivent l’étoile qui les guide jusqu’en Jordanie. Ce trio recherche l’endroit où le Roi des Juifs vient de naître. Ils apportent des cadeaux royaux pour ce Roi ; or, encens et myrrhe sont leurs offrandes.
L’étoile brille de ses rayons éternels ; et là, lorsqu’ils voient l’enfant dans les bras de Marie, ils tombent à genoux pour l’adorer ; ils présentent au Roi leurs cadeaux ; or, encens et myrrhe sont leurs offrandes. Toi, enfant d’humain, va à Bethléem, les rois voyagent, voyage avec eux ! L’étoile du salut, l’étoile de grâce, guidera ton cœur jusqu’à l’endroit du repos. Tu ne peux amener ni or, ni encens ni myrrhe ; offre ton cœur à cet enfant- Roi, offre ton cœur !

Chœur : Comme l’étoile du matin est brillante ! Avec grâce et en vérité du haut du ciel, notre arbre de Jesse descend et souffle maintenant.
Pour toi, mon nouvel époux, Roi divin de la tribu de Jacob et de la lignée de David, mon âme déborde d’amour. Ta parole, Jésus, nous nourrit intérieurement, nous guide sur le chemin de la vie. Louons, célébrons un tel amour débordant.

Ce chant de Noël fut composé par Peter CORNELIUS, né à Mayence en Allemagne en 1824 et décédé dans cette même ville en 1874. Il fut un compositeur, poète et acteur de la période romantique, élève de Franz Liszt. Il faut juste veiller à ne pas le confondre avec Peter Cornelius, photographe et journaliste allemand qui vécut de 1913 à 1970 ou avec Peter Cornelius, compositeur et guitariste autrichien né en 1951 et toujours vivant !

Adieu des bergers à la Sainte-Famille
Il s’en va loin de la terre où dans l’étable il vit le jour,
De son père et de sa mère qu’il reste le constant amour !
Qu’il grandisse et qu’il prospère et qu’il soit bon père à son tour.
Onques si, chez l’idolâtre, il vient à sentir le malheur,
Fuyant la terre marâtre, chez nous qu’il revienne au bonheur !
Que la pauvreté du pâtre reste toujours chère à son cœur !
Cher enfant, Dieu te bénisse ! Dieu vous bénisse , heureux époux !
Que jamais de l’injustice vous ne puissiez sentir les coups !
Qu’un bon ange vous avertisse des dangers planant sur vous !

La genèse de cette œuvre est curieuse… Hector BERLIOZ compositeur français qui vécut de 1803 à 1869, se trouve un 10 décembre au soir (presque jour pour jour…) chez des amis, dont le savant architecte Pierre Duc. Au cours de la soirée, pris d’une subite inspiration, Berlioz compose secrètement cet "Adieu des bergers à la Sainte Famille". Il le donne en concert quelques temps après, comme étant l’œuvre d’un certain Pierre Ducre, maître de musique à la Chapelle de Paris au XVIIe siècle dont il avait, ajoute-t-il, eu beaucoup de mal à déchiffrer la partition écrite en vieille notation sur du parchemin… Ce nom de Ducre étant celui de son ami auquel il ajoute la note ré… le succès !

Sant Josep fa bugada Le ménage de la Sainte Famille
1) Joseph fait la lessive, par dessus le bassin.
Il plonge dans l’eau vive, couverture et traversin.
La Vierge Marie tend le drap sur le sol.
Les anges s’écrient : "La do ré mi fa sol Alléluia, Kyrie eleison."
2) Joseph pétrit la pâte avec du bon levain
Il la goûte, il la tâte, qu’il sera bon le pain !
La Vierge Marie cure un vieux chaudron.
Les anges s’écrient : "La do ré mi fa sol Alléluia, Kyrie eleison."
3) Joseph trempe la soupe, met la marmite au feu
Sur le lard qu’il découpe, les navets bouillent un peu.
La Vierge Marie y met un chou fourré (NDLR chou farci ?).
Les anges s’écrient : "La do ré mi fa sol Alléluia, Kyrie eleison."
4) Joseph fait le ménage, désencombre les coins
Et puis, le front en nage, range tout point par point.
La Vierge Marie berce son fils endormi.
Les anges s’écrient : "La do ré mi fa sol Alléluia, Kyrie eleison."

Un Noël du Roussillon...

A gaelic Blessing (Bénédiction gaélique)
La paix profonde de la vague qui court vers toi,
La paix profonde de l’air qui flotte autour de toi,
La paix profonde de la terre tranquille pour toi,
La paix profonde des étoiles brillantes pour toi,
La paix profonde de la nuit douce pour toi,
Que la lune et les étoiles t’envoient leur lumière,
Que la paix profonde du Christ, lumière du monde, soit sur toi.

Nous retrouvons avec bonheur John RUTTER en compagnie duquel nous avons démarré ce moment musical. Cette bénédiction fut écrite par le compositeur comme cadeau de départ d’un chef de chœur bien-aimé – cadeau-souvenir – empreint à la fois d’une grande sérénité et d’une grande nostalgie. Le commanditaire en était le Chœur de la Première Église Méthodiste d’Omaha aux États-Unis, en 1978.

Alleluia ! (extrait du Messie)
Alleluia pour le Seigneur tout puissant qui est entré dans son règne !
Alleluia ! Le royaume de ce monde est remis à notre Seigneur et au Christ !
Alleluia ! Il régnera aux siècles des siècles, Roi des Rois, Seigneur des Seigneurs !

Georges-Frédéric HAENDEL est né en Allemagne en 1685 (la même année que Jean Sébastien Bach) et il est mort en 1759 (soit 9 années après Bach) .
Mais, qu’on ne s’y trompe pas, si on ne veut pas déclarer une guerre sans merci aux Anglais, il convient de rappeler que Haendel a passé presque toute sa vie en Angleterre, qu’il est bel et bien devenu britannique et donc, reste et demeure l’un des plus grands compositeurs de cette fière nation !
L’une de ses œuvres mondialement connue est le Messie, d’où est extrait l’Alléluia !. On a peut-être oublié que cet oratorio (sorte d’opéra sacré) fut écrit pour le temps de Pâques et que ce n’est qu’après la disparition de Haendel que la tradition s’installa de le chanter pendant le temps de l’Avent, tradition devenue depuis quasi incontournable Outre-Manche.
Petite anecdote : ce sont quelques notes du Messie qui ont servi à la composition de l’air du carillon de Big Ben à Londres, à la fin du XVIIIe siècle.

Tollite Hostias
Déposez vos offrandes et adorez le Seigneur dans son sanctuaire. Que les cieux se réjouissent et que la terre exulte devant le seigneur car il vient. Alléluia !

Camille SAINT SAËNS est né à Paris en 1835 et mort à Alger en 1921. C’est un grand pianiste, organiste et compositeur français de l’époque post-romantique.
L’Oratorio de Noël dont est extrait ce chœur fut composé pour l’église de la Madeleine à Paris. À juste 22 ans, Camille venait en effet d’être nommé titulaire de la tribune, autrement dit organiste officiel aux claviers de l’énorme et splendide instrument, chef d’œuvre du célèbre facteur d’orgues Cavaillé-Coll. La valeur n’attendant pas le nombre des années, il avait déjà été nommé à 18 ans à la tribune de l’église St Merry, à Paris également. Camille Saint Saëns fait partie d’une longue lignée, pour ne pas dire une véritable dynastie d’organistes, souvent eux-mêmes compositeurs qui se sont succédés à la tribune de cet instrument prestigieux et dont Gabriel Fauré est peut- être le plus connu. Son Oratorio de Noël est composé entre autres pour des solistes qui figurent les différents personnages.

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